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Contenu

Exposition renaissance et art contemporain

 

"Sur les traces des Maîtres"

RENAISSANCE & ART CONTEMPORAIN

EXPOSITIONS 2019

Région Centre-Val de Loire

 

 

 

Ce projet a reçu la labellisation du Conseil Régional du Centre-Val de Loire.

L’objectif consiste à faire circuler ces œuvres tout au long de l’année 2019, en un parcours d'expositions auquel s'associent de multiples lieux de la Région.

 

 

DATE :  9 au 30 novembre

Heure : horaires de la médiathèque

Gratuit

Réservation : non

Lieu :  Hall et médiathèque

Tout public

 

Inauguration en présence (des élèves du collège) et des artistes le samedi 10 novembre 2019 à 11h00.

 

  • Amélie LAINE
 

 

Amélie LAINÉ
Plasticienne

 

Je crée des décors photographiques à l’échelle d’une maquette, j’installe les différents éléments afin de construire un univers personnel délimité par le cadre photographique.

Je structure un espace afin de poser une interrogation, chaque élément du décor est un indice qui conduit à la compréhension de mon idée. Je construis aussi des lieux qui montrent une structure sociale, où nos habitudes y sont éduquées, où chaque personne a une place définie selon son rang hiérarchique. Un lieu autoritaire.

Le décor de notre vie quotidienne participe à créer des rites, notre monde est une cérémonie.

Le lieu m’intéresse car il est pérenne, il transmet la culture et témoigne de notre passage. Ces lieux sont à animer, à réanimer parfois, la présence humaine est intensifiée par la trace de son passage furtif, sa mortalité.

Les peintures que je réalise, à l’inverse des photographies, font intervenir des personnes, des personnages, elles associent l’être humain a une action, le lieu devient moins visible, l’action est suspendue, elle se déroule contrairement aux photographies qui, pour la plupart, montrent une action passée ou à venir.

La peinture est dans l’instant, le présent, l’actualité.

Les thèmes que je développe sont, le plus souvent, sociaux, sociétaires comme la place de la femme dans la société, l’effet panoptique de la vidéo-surveillance, l’autorité de la société, la tolérance de la rencontre, l’environnement, des thèmes humains qui alimentent l’actualité.

 

  • Denis POUGHON

Denis POUGHON
Dessinateur

 

 

Ce texte présente mes réflexions sur notre façon de vivre au quotidien.
Je m’interroge souvent sur notre nature profonde, instinctive, tribale.

Le geste, rien que le geste.
Au commencement, il y a la trace. Un simple charbon de bois sur un mur. Le papier prend le relais, souvent tendu sur un chassis, il est le support de cette histoire.
Je me pose cette éternelle question : et après, que devient la trace de notre passage ?

Nous construisons, nous détruisons et le cycle recommence pour avancer un peu plus à chaque fois. Nous construisons plus grand et nous détruisons un peu plus pour constuire un peu plus ...
La trace est fragile, elle doit être puissante pour exister. Cette trace, c’est nous, c’est notre histoire.

Nos vérités profondes sont bien cachées. Il me reste à les imaginer tel un voyage, une poésie, un univers à créer dans la métaphore d’animaux exotiques.

Je veux ressentir la puissance de l’ours blanc, impérial sur son territoire arctique, la grâce du léopard dans sa course effrénée à la survie, l’équilibre assuré d’un flamand rouge dans un ballet aquatique...

La galerie de l’évolution est en marche !

Du papier, un fusain, de l’acrylique, de l’encre.
Le fusain dépose sa trace, fragile. A chaque instant elle peut s’effacer.
Mais elle résiste. Ce fil, c’est la vie, c’est notre vie.

 

 

 

  • Jean-Paul BOYER

Jean-Paul BOYER
Sculpteur

 

"Toutes mes sculptures sont « modulables » c'est-à-dire que les spectateurs peuvent s’ils le désirent en modifier la forme, l’apparence, en bougeant leurs éléments. Ces sculptures occupent donc un espace plus grand que la matière qui les compose. Elles sont des partitions d’espace que j’offre au spectateur qui les interprète à sa guise."

 

Aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours voulu couper, modifier, arranger autrement les matières qui m’étaient accessibles : bois, glaise, plâtre et plus tard métal, pierre etc. Mais ce n’est que jeune adulte que je prends véritablement conscience de cette capacité de création.

Cependant, malgré des années de formations et de réalisations, l’espace que je crée par les retraits de matière ou les ajouts ne me suffisent plus au bout d’un certain temps. Je cherche alors comment « travailler » l’air, le vide qui entoure la matière de la sculpture.

Pour faire vite, la solution m’apparaît brutalement, comme une évidence - mais dont je ne trouve pas les sources - une nuit, avec l’idée de presque toutes les sculptures à venir…

Et donc mes nouvelles sculptures ne sont pas figées une fois pour toutes. Modulables par le spectateur – volontaire – elles sont des partitions d’espace que j’offre au spectateur, au collectionneur. Libre à quiconque d’y exprimer sa sensibilité, son émotion, sa vision de l’espace, parfois même son opposition. Mais même si quelqu’un déstructure totalement la sculpture, la rend « illisible » au premier abord, si le projet annoncé est de déstructurer, il restera encore une sculpture, un geste créatif, quelle qu’en soit la valeur esthétique.

Réorganiser les éléments de la sculpture, c’est bien sûr modifier l’ensemble de la pièce. C’est d’abord modifier son expression, en y mettant un peu de soi.

Quel qu’en soit le résultat, on a toujours la possibilité de retrouver l’œuvre originelle, à tout moment.

Modifier l’image de la sculpture est aussi un geste qui engage et donc responsabilise celui qui le fait : il donne à voir quelque chose de lui qu’il transmet au spectateur suivant, qui l’accepte ou le modifie à son tour…. Le spectateur n’est plus seulement « regardant ». Il est devenu acteur. J’ai écrit la partition, il devient mon interprète.

Bien sûr l’œuvre doit être accessible, laissée à portée des spectateurs qui voudraient en modifier l’aspect, chercher de nouveaux avatars, inventer leur propre espace.

On peut aussi imaginer une émulation devant l’œuvre présentée au centre d’un groupe où chacun, s’il le désire, réagissant à la proposition d’un précédent spectateur, peut aller modifier, « améliorer », déstructurer la proposition antérieure.

Le côté ludique que peut donner parfois le fait de manipuler la structure, n’est pas le but primordial recherché. Il est une conséquence qui, parfois, est très intéressante.

Le nombre de combinaisons pour une seule œuvre, s’il est limité, est considérable : je conseille souvent à mes collectionneurs de prendre des clichés de leurs réalisation

 

  • Martine CASTELEY

Martine CASTELEYN
Plasticienne

 

 

A propos du "Chant de La Pluie"
Empreintes-gravures de terrain sur la pluie

C'est un long travail de recherche et de dialogue avec La Pluie.

Comment capturer les gouttes ? La vapeur d'eau ? Leur sonorité en graphe et en son ? Avec de l'encre ? Avec le bruit des doigts qui tapent à son rythme dans la paume des mains ? Pour l'amadouer et en ex-voto lui vouer un culte animiste ?

Car si dans ma jeunesse congolaise la Saison des Pluies était bienheureuse, à mon retour en Europe, elle n'avait plus la même valeur. La pluie peut faire peur. Elle accompagne la montée des eaux...

Alors... par ce travail "d'empreinte-capture" je suis entrée en elle. J'ai essayé de l'amadouer en l'écoutant aussi car son chant qui ressemble étrangement à celui que j'entendais dans ma jeunesse africaine, raconte sa douleur. La pluie est le chant de notre planète Terre.

Dans ce travail graphiste et aussi sonore, j'y ai mis mon âme. Et bizarrement, devant ma dévotion pour elle, elle m'a donné la clef pour correspondre avec elle.

  • MC

Ils ont bien de la chance, ceux à qui Martine Casteleyn donne des cours de peinture à Rennes ! Car outre l’acquisition d’une technique impeccable, ils ne peuvent pas ne pas être sensibles à sa curiosité intellectuelle ni s’imprégner, de la façon dont elle traite ses sujets, du recul nécessaire à la création artistique.

Talentueuse et inventive, Martine Casteleyn, plasticienne, peintre et graphiste, est à la tête d’une œuvre déjà considérable, étourdissante d’originalité dans son inspiration comme dans ses réalisations, sans jargon artistico-philosophique ni prétention de sa part.

Ce qui l’intéresse, c’est tout ce qui laisse des traces de passage et toutes les sciences qui les traquent et les relèvent : anthropologie, archéologie, paléontologie, sociologie, voire climatologie. Elle est à l’affût des miettes de vie, des ressentis, et cherche à les recueillir dans ses créations pour mieux les mettre en valeur et amener le spectateur à réfléchir.

C’est un tour de force que d’avoir par exemple choisi le thème de la pluie pour réunir autour des réalisations qui vont de la feuille de papier japonais froissé figurant le rideau de pluie, la représentation du graphique du bruit de l’eau sur un toit de tôle et une bouteille contenant la quantité tombée en une nuit sur une surface réduite. On pourrait a priori trouver l’idée absconse, sauf qu’elle fonctionne, qu’on y croit et qu’on est captivé.

Ses « carnets de route », au Pays rouge, Dans le grand nord ou Sur les traces de l’explorateur Stanley sont des chefs d’œuvre d’observation attentive, d’humour et de poésie. Chacun concentre en une boîte de 30 cm x 30 cm les « souvenirs » que l’on pourrait ou aurait pu rapporter de ces voyages. Celle du Voyage en Grèce contient ainsi, entre autres, des encres qui captent l’ombre d’un olivier, une trace de pas ou celle d’un pigeon.

Les créations les plus émouvantes de Martine Casteleyn sont les « valises » dont elle déballe le contenu. Celle de ce couple de réfugiés belges, avec ses photos et papiers, ses vêtements en papier de soie froissé, ses chaussures en carton, est poignante par l’empathie qu’elle suscite et la manière dont elle souligne à la fois la fragilité de l’existence et la futilité des objets auxquels elle s’accroche.

Les dernières séries de créations de l’artiste sont jubilatoires, entre les aventures d’une Dame Cocotte réalisée en papier toilette et les grandes affiches carrées (1m x 1m) que Martine Casteleyn intitule facétieusement « Maîtres Carrés » par clin d’œil aux marabouts qui déposent leurs cartes mirobolantes et colorées dans les boîtes à lettres. Les formules magiques qu’elle y propose pour obtenir amour, argent, paix, pouvoir ou considération se déploient en carrés magiques. Ils sont autant d’œuvres d’art authentiques aux couleurs fraîches et à la construction vigoureuse, qui dépassent la simple cocasserie pour nous interpeler sur notre naïveté en même temps que sur nos aspirations.

On reste ébloui des capacités de renouvellement et de l’imagination de cette grande artiste.

              Edouard Richemond

 

Michel MANGON

Vous avez dit "Biz'Art"?
«Des peintres Flamands du XVIe siècle aux peuples de la vallée de l'Omo dans le Sud-Est
Ethiopien, il n'y a qu'un pas... de 8000 km.»

J’associe trois mondes qui ne pouvaient se croiser à savoir : Les clairs-obscurs des peintres
Flamands du XVI et XVII siècle, les collerettes, particularité vestimentaire de la renaissance,
représentée par des objets insolites, et les coiffes végétales des peuples de la vallée de l’Omo.

La lumière souligne les détails et le mystère de l’ombre traduit mon approche artistique : des
portraits qui laissent libre cours à l’imagination, et construisent ce qui est dissimulé, pour
interpeller le lecteur par l’intrigue du non vu.